Au XVIe siècle, dans le sillage des grandes découvertes
Jean Nicot, ambassadeur de France à la cour portugaise introduit le tabac en Europe vers le milieu du XVIe siècle, il en envoie à la reine Catherine de Médicis pour calmer les migraines d’elle-même ou de son fils François II. Le tabac prend alors le nom d’herbe à la reine. Au XVIIe siècle, von Rusdorff, un ambassadeur de la cour palatine, écrit : « Je ne puis m’empêcher de blâmer cette vogue étonnante venue récemment d’Amérique en notre Europe. C’est une saoûlerie de nuées [...]. Avec une incroyable avidité, une insatiable ardeur, des êtres dépravés boivent et hument la fumée d’une plante qu'ils nomment herba nicotiana ou tabac ».
On remarquera que l’auteur utilise les mots de « saoulerie », le verbe « boire ». En effet, à cette époque, par analogie avec l’effet des boissons alcoolisée, on dit « boire le tabac ». Mais bientôt le mot « fumer » deviendra courant.

[1] Fleur de tabac. Nicotiana tabacum
[2] CHAUMETON, François Pierre, Flore médicale, Vol. VI, Paris : Panckoucke, 1818.
[3] BULLIARD, Pierre, Herbier de la France ou collection complète des plantes indigènes de ce royaume ; avec leurs détails anatomiques, leurs propriétés, et leurs usages en médecine, Vol. III, Paris, chez l’auteur, Didot, Debure et Belin, 1780.
Dans Don Juan, pièce de Molière (1665), Sganarelle, valet de Don Juan, déclare : « Quoi que puisse dire Aristote et toute la Philosophie, il n'est rien d'égal au tabac : c'est la passion des honnêtes gens, et qui vit sans tabac n'est pas digne de vivre. Non seulement il réjouit et purge les cerveaux humains, mais encore il instruit les âmes à la vertu, et l'on apprend avec lui à devenir honnête homme. Ne voyez-vous pas bien, dès qu'on en prend, de quelle manière obligeante on en use avec tout le monde, et comme on est ravi d'en donner à droit et à gauche, partout où l'on se trouve ? On n'attend pas même qu'on en demande, et l'on court au-devant du souhait des gens : tant il est vrai que le tabac inspire des sentiments d'honneur et de vertu à tous ceux qui en prennent. »
Notons qu’à cette époque, les dévots condamnaient l’usage du tabac (à priser) dont la vente avait été interdite par Louis XIII.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le tabac est consommé au moyen de pipes. Au XVIIIe siècle, le tabac à priser s’est généralisé. Le cigare arrivera au XIXe, comme la cigarette qui apparaît entre 1830 et 1840. Musset, Chopin, Delacroix, Mérimée fument des cigarettes sans pour autant abandonner le cigare ou même la pipe. La correspondance de Mérimée, par exemple, nous apprend qu’il possédait une collection de pipes comprenant notamment des pipes à eau ou narguilés. Le voyage en Orient étant à la mode au XIXe siècle, Mérimée n’était par le seul Français ou Européen à utiliser la pipe à eau.
Sous le règne de Napoléon III, grand fumeur, est créée la première usine de cigarettes en France, en 1863.
Dans Carmen, nouvelle de Mérimée, qui paraît en 1845 avant de devenir le célèbre opéra de Bizet, l’héroïne est une cigarière qui travaille à la manufacture de tabac de Séville. Elle-même fume le cigare comme beaucoup d’Espagnoles.
Au XIXe siècle, tant « qu’en fumant la pipe ou le cigare on dégage une forte fumée et que fumer reste le privilège exclusif des hommes, on doit limiter cette occupation à certains lieux précis. La maison bourgeoise comporte une pièce réservée à cet usage, le fumoir, ou salle des hôtes. Hors de cette pièce, le tabac est prohibé, et particulièrement dans l’espace public en plein air. Pendant longtemps cette interdiction sera justifiée par les dangers d’incendie dans des villes où les maisons sont très souvent construites en bois. Lorsque cette raison devient caduque, l’interdit officiel de fumer dans les lieux publics devient un symbole d’oppression. En Prusse, le droit de fumer dans les espaces publics figurait en bonne place dans le catalogue des revendications d’avant mars 1848. » (Wolfgang Schivelbusch, Histoire des stimulants, Gallimard, 1991).
Si le cigare devient peu à peu symbole de réussite sociale et de bourgeoisie, il a été au XIXe siècle en Allemagne une sorte de signe de reconnaissance révolutionnaire. Marx fume le cigare. En France, George Sand, pour manifester une volonté de se libérer des contraintes féminines, fume le cigare en public. Certaines femmes revendiquent les mêmes droits et les mêmes pratiques que les hommes. Un texte de 1840 s’exclame à propos de la ville de Berlin où des femmes fument même dans la rue : « on verra bientôt les femmes porter le pantalon, reléguer leur mari à la cuisine à coups de fouet et allaiter leurs enfants à cheval ! ». Pourtant, dès le XVIIe siècle, des femmes de l’aristocratie se réunissaient pour fumer la pipe, mais elles ne fumaient pas en public.
Auteur: Clarisse REQUENA (Communication/Relations presse)
[1]
[2]
[3]
[4]
[5]
Fumeur, prends garde à toi !
Le tabagisme se répand à un tel point que, dès 1853, une association anti-tabac voit le jour à Londres : la British anti-tobacco Society qui publie un journal. Elle est suivie en France, en 1868, par l’Association Française contre l’abus du tabac créée à Paris. Cette Association devient en 1877 la Société contre l’abus du tabac éditrice du Journal de la Société contre l’abus du tabac qui place en exergue sur la page de titre une citation de Balzac : « Le tabac détruit le corps, attaque l’intelligence et hébète les nations ». Le fondateur s’appelle Decroix et il est aussi fondateur du Comité de la viande de cheval… Toujours en 1877, Decroix adresse une pétition au ministre des Travaux publics pour demander la création de compartiments fumeurs dans les trains tant les dames, et les non-fumeurs en général, sont incommodés. Les dames en effet, à cette époque, sont selon ce journal, celles qui « ont le plus à souffrir de l’influence tyrannique qu’exercent la pipe et le cigare ». Le journal consulte encore des médecins pour informer sur les méfaits du tabac. Ainsi le Docteur Munaret qui rappelle que depuis le XVIe siècle, l’histoire du tabac a rempli 140 volumes environ « en prose ou en vers, sur ou contre son usage ». Mais il dit aussi être un fumeur (comme nombre de médecins), qui « use et n’abuse pas » du tabac. Il évoque encore Voltaire, Rousseau, Mirabeau qui jetèrent l’anathème sur le tabac, déjà ! Le Journal de la Société contre l’abus du tabac lit de près son prédécesseur anglais et rend compte de ses publications pour les lecteurs français. Dans l’un des articles consacrés au cigare est relaté ce qui advenait aux fumeurs, en Turquie, deux cents ans auparavant : « les Turcs, qu’on ne peut séparer aujourd’hui de l’idée de chibouque, de latakia et de narghilé, regardaient l’action de fumer comme une offense à la religion [l’Islam] ; la loi intervenait, et le fumeur pris en flagrant délit étaient honteusement promené par la ville avec le tuyau de sa pipe […] passé au travers des narines. Le châtiment n’était pas tendre, convenons-en, et digne en tous points de l’aménité qui caractérise les récents adversaires des Serbes ».
Le Journal traite encore du tabac dans les lycées, dans l’armée, etc., et donne la parole à un écrivain, Alphonse Karr qui avoue : « Je ne comprends pas le tabac ; je comprends le vin, je comprends l’opium, je comprends le haschish, qui causent une ivresse, mais j’ai essayé de fumer [...] et je n’éprouve en fumant ni ivresse, ni songe, ni rêverie – tandis que, par l’opium que j’ai essayé avec Alphonse Royer à son retour d’Orient, par le haschish que j’ai pris avec Ajasson de Grandsagne, avec Théophile Gautier, avec Gérard de Nerval […] je comprends qu’on se laisse entraîner jusqu’à l’habitude ».
En outre, au XIXe siècle, par exemple dans le Charivari (une sorte de Canard enchaîné de l’époque), les caricaturistes croquent les fumeurs aux figures grimaçantes et frénétiques.
Auteur: Clarisse REQUENA (Communication/Relations presse)
[1]
[2]
[3]
[4]
[5]
Tabac des troupes
C’est sous Louis XIII qu’un tabac destiné aux militaires est fabriqué. Sous Louis XIV, ce tabac sera distribué gratuitement aux soldats, lors des conflits, pour soutenir le moral des troupes. L’histoire a connu bien des aménagements et des modifications jusqu’à la dernière guerre mondiale. Née en 1910, les cigarettes de marque Gauloises furent à leur tour distribuées aux troupes. Mais à partir de 1940, le tabac commença à manquer. Crée en 1926 pour gérer le monopole d’Etat, la SEITA, en prévision de la guerre, avait, dès 1938, fait des stocks pour deux ans… seulement. Le tabac fut donc rationné, on distribua à tous des tickets de tabac qui constituaient une monnaie d’échange. En 1942, on en vint à fabriquer des cigarettes de marque Caporal composées de 67% de tabac, de 27% de topinambour et de 6% de feuilles de chêne. D’autres plantes furent encore mises à contribution mais rien ne permit vraiment de remplacer l’herbe à Nicot, selon les témoignages. Néanmoins, il fut prévu une ration supplémentaire pour les militaires qui, dans leur malheur, étaient en quelque sorte favorisés, si l’on peut dire. Ils recevaient plutôt une sorte de compensation : plus de tabac, c’était plus de réconfort ou plus de pouvoir d’achat.
Si, aujourd’hui, les paquets de tabac portent des mentions sanitaires, ceux de la Deuxième Guerre mondiale comportaient eux aussi des messages. Ainsi, certains paquets de cigarettes de marque Gitanes offerts aux troupes affichaient la mention : « Offert par le Maréchal » ; d’autres déclaraient : « En temps de guerre le gaspillage est un crime » ou « La récupération de tout déchet est un devoir national » ; d’autres encore portaient une croix de Lorraine.
Auteur: Clarisse REQUENA (Communication/Relations presse)
[1]
[2]
[3]
[4]
[5]
Le fumeur solitaire
Au XXe siècle, en Europe et en France, le tabac devient symbole de décontraction, de sérieux, de virilité, il donne du style. Au Etats-Unis qui est devenu le pays hygiéniste que l’on connaît ou que l’on imagine, les stars du cinéma des années cinquante posent avec la cigarette à la lèvre ou à la main. On n’imagine pas Humphrey Bogart sans sa cigarette. En France, après la libération du pays grâce à l’aide des Américains, la cigarette blonde supplante le tabac brun et devient un symbole de distinction. Les grands hommes de l’époque, Churchill, de Gaulle, Malraux, parlent en public, à la télévision, accompagnés de leur cigare ou de leur cigarette. Les émissions culturelles, intellectuelles, libertaires comme celle de Michel Polac se caractérisent par leur atmosphère enfumée. Fumer et penser vont de pair.
A partir des années 70, le discours commence à changer. Des médecins sont de plus en plus nombreux à prévenir des risques de l’excès de tabac. Car si le tabac peut avoir des vertus thérapeutiques selon l’usage qu’en faisaient les Indiens d’Amérique, son excès, comme pour l’alcool ou d’autres plantes, peut devenir nocif (comme le déclare un médecin de l’antiquité : c’est la dose qui fait le poison). Mme Veil, ministre de la Santé, fait enlever la cigarette de la bouche du cow-boy solitaire, Lucky Lucke, en 1976. Puis vient la loi Evin de 1991. Le décret du 15 novembre 2006. Fumer devient de plus en plus un acte répréhensible car il signifie mettre en danger la santé publique. L’OMS estime qu’en France le tabac est responsable d’environ 60000 morts par an (l’estimation est à peu près identique en Espagne). Mais les usagers qui ne sont pas médecins et qui n’ont pas les moyens de contrôler la façon dont ce chiffre est établi se posent des questions car, comme le dit en outre une association libertaire américaine, FORCES, composée de membres de tous horizons et pour qui les individus doivent pouvoir choisir de fumer ou non : « 98% des criminels mangent du pain », l’association parodie ainsi l’établissement des chiffres relatifs au tabac.
En effet, qu’en est-il des interactions du tabac avec la pollution de l’atmosphère due aux gaz d’échappement, aux fumées d’usine, au nucléaire, à l’amiante, aux pesticides que nous consommons ? Le dernier poilu de la guerre de 14-18 est mort à 110 ans la pipe à la main ! Quoi qu’il en soit, les décisions politiques prennent pour règle de protéger les plus faibles, ceux qui ne supportent pas la fumée de tabac, les enfants, certaines personnes âgées, les malades. Mais tous les médecins n’approuvent pas la restriction totale de fumer dans les lieux publics. Dans une interview, le professeur Even, pneumologue, ancien doyen de l’Hôpital Necker à Paris, parle d’escroquerie à propos du tabagisme passif. Il déclare qu’il n’existe aucune étude scientifique démontrant les méfaits du tabagisme passif. Il dit encore ne pas comprendre que ceux qui souhaitent fumer sans incommoder les non fumeurs ne puissent le faire dans des établissements qui leur seraient réservés comme c’est le cas en Espagne où les patrons de CHRD (cafés, hôtels, restaurants, discothèques), lorsqu’ils disposent de moins de 100m2 dans leur établissement, choisissent d’être ou fumeurs ou non fumeurs. Seuls les établissements de plus de 100 m2 sont soumis à l’obligation de faire une salle fumeurs séparée. Et 90% environ des établissements de moins de 100 m2 se sont déclarés fumeurs (ils représentent 80% des cafés). Comme le disent certains, « j’ai essayé de faire de mon établissement un endroit non fumeurs à 100% mais j’ai perdu 60% de mon chiffre d’affaires. »
Auteur: Clarisse REQUENA (Communication/Relations presse)
[1]
[2]
[3]
[4]
[5]
Un tabac politique ?
Pour le Professeur Even, cette mesure est moins destinée à protéger les non fumeurs qu’à avoir une main mise sur les populations en leur montrant qu’on peut les contraindre si on le veut. C’est aussi un dommage pour la convivialité, surtout dans les zones rurales où le café, parfois le seul commerce du village, est un lieu de réunion privilégié où l’on se retrouve pour parler, pour jouer au billard, aux cartes. On a pu voir dans un reportage télévisé, un homme âgé fumeur, obligé de sortir en plein hiver par une température inférieure à zéro pour fumer. Il disait qu’il ne savait pas s’il résisterait à un tel traitement mais, pour lui, pas question de renoncer à son petit plaisir. Bref, il s’agirait d’amener la population à rester chez soi. Et c’est d’ailleurs ce qui se passe pour partie. Les machines expresso et de bière pression deviennent de plus en plus domestiques ainsi que les fêtes privées, les dîners entre amis à la maison, les jeux sur internet ...
Comme nous l’avons dit, des associations dans le monde entier s’interrogent sur le bien fondé de telles interdictions. L’association Forces Internationale pour l’honnêteté morale, politique et scientifique, dont fait partie entre autres Vladimir Bukowski, Joe Jackson, nous rappelle que l’Allemagne est le pays qui traîne le plus les pieds en raison des souvenirs nazis qu’ont laissé les propagandes hitlériennes contre le tabac. Pour le IIIe Reich, qui faisait l’apologie d’un individu en bonne santé, tout entier au service de son idéologie, fumer était le fait d’êtres inférieurs. Le 26 janvier 2006, l’Allemagne a connu une manifestation contre le neo-nazisme de la santé. Toujours selon FORCES, l’OMS serait associée à des multinationales pharmaceutiques qui commercialisent des produits de substitution nicotinique.
Quoi qu’il en soit, dans toute l’Europe, la législation a entraîné une baisse du chiffre d’affaires dans les lieux dits de convivialité.
Néanmoins, la loi française laisse un espace de liberté à ceux qui souhaitent fumer en autorisant les terrasses et l’installation de fumoirs. Sur les terrasses, certains non fumeurs se plaignent que la terrasse soit finalement réservée aux fumeurs car la fumée reste présente. Ce problème est signalé par l’Association reconnue d’utilité publique Droit des non fumeurs qui fut par ailleurs missionnée par le Ministère de la Santé pour mesurer le taux de pollution sur les terrasses. L’expérience a déjà été menée partiellement à Paris peu de temps après l’application du décret et, selon un conseiller de la Ville de Paris, il ressort que le taux de pollution est très élevé sur les terrasses fumeurs lorsqu’elles sont chauffées par un appareil à gaz. Autrement dit on remplace une pollution par une autre et même elles se combinent. Il ne reste donc que l’électricité (autrement dit le nucléaire).
Il existe aussi des cabines fumeurs qui peuvent s’installer dans les établissements de petite dimension. Certains usagers déplorent cependant d’être comme des singes dans une cage, d’autres en voient le côté positif : cela nous rapproche, nous faisons des connaissances (l’effet de mode smirting). Les établissements de grande dimension ont eux aussi recours à ces cabines mais un autre problème se pose surtout dans les casinos. Le fait de quitter la table de jeu pour aller fumer casse l’ambiance, casse le jeu. (Le Parisien, 12 février 08).
Actuellement, et depuis plusieurs dizaines d’années, nombre d’établissements plutôt haut de gamme disposent d’un fumoir. Ces établissements se sont équipés d’un fumoir pour le confort de leur clientèle car ils savent que la majorité des Français est non fumeur. Mais une clientèle aisée aimant aussi fumer le cigare, il devient évident qu’un fumoir offre un plus pour la satisfaction de la clientèle de non fumeurs comme pour la clientèle de fumeurs. D’ailleurs, bien des investissements ne sont pas liés à une contrainte juridique. Ainsi, un établissement choisira d’investir dans une décoration spécifique pour se distinguer, pour avoir son identité propre parce que la décoration est un élément de confort, une attraction. D’autres préféreront investir dans un orchestre ou un piano et même auront tous ces éléments à la fois. Ces établissements savent que la clientèle viendra pour ces innovations, ces nouveautés et que leur chiffre d’affaires est lié à ces investissements. Autrement dit, l’ajout d’éléments de confort quels qu’ils soient n’est pas toujours dicté par des impératifs législatifs.
Ce qui diffère aujourd’hui, ce sont les nouvelles normes mais le principe reste le même : « ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l’on te fît », autrement dit : éviter d’imposer à son voisin ce que celui-ci considère comme une nuisance. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, en la matière, c’est la loi du plus faible qui l’emporte : la personne fragile, sensible voire malade. Et c’est tant mieux.
En somme, on reprend une vieille tradition et on la démocratise : le fumoir qui existait, notamment en France, dans presque toutes les maisons aristocratiques et bourgeoises du XIXe siècle, c’est-à-dire dans les demeures suffisamment vastes pour offrir une compartimentation des activités. Après le dîner, les hommes passaient au fumoir ou se réunissaient dans la bibliothèque pour prendre le café et fumer sans risque d’incommoder les dames qui étaient alors généralement des êtres sensibles et fragiles, grandes consommatrices de sels car sujettes aux vapeurs… Puis les dames se sont « libérées », ont abandonné les vapeurs et se sont mises à fumer et par conséquent… à fréquenter la bibliothèque (certains y voient un symptôme de l’évolution des espèces…). Désormais, vie aristocratique et mixité pour tous : hommes et femmes se retrouveront au fumoir si tel est leur bon plaisir. Et si George Sand veut fumer le cigare en public, ce sera dans un fumoir aux normes !

Auteur: Clarisse REQUENA (Communication/Relations presse)
[1]
[2]
[3]
[4]
[5]